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Vie de la compagnie

// Photos de la création de Kermess’

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// Carnet de voyage de la tournée de Bin’Bin’ au Burkina et au Togo en octobre de 2010

Dans le cadre du projet « Paroles Croisées »

Paroles Croisées est un projet d’échange né en 2005 entre le Théâtre Eclair de Ouagadougou au Burkina Faso et le Zététique Théâtre de Liège en Belgique. Ce projet est soutenu par Wallonie Bruxelles International (WBI) où il bénéficie d’un accord bilatéral reconductible tous les 3 ans. Depuis 2006, le projet s’est enrichi de la double participation du Théâtre des 4 Mains et de Une Compagnie . Le projet a démarré par des « classes d’art » menées par le Théâtre Eclair au Burkina et le Zététique en Belgique, se fondant sur le principe de reconnaissance de la parole de l’enfant. Cette démarche était tout à fait nouvelle au Burkina Faso et représentait une toute autre forme d’éducation pour la jeunesse. En 2006, le Théâtre des 4 Mains entre dans le projet en menant des ateliers théâtre croisés entre des femmes Burkinabé et des femmes de Beauvechain. Les femmes de l’atelier théâtre de Beauvechain jouent leur spectacle à Ouagadougou tandis que des femmes Burkinabé viennent à Beauvechain pour des animations dans des écoles, des maisons de retraite et jouent leur spectacle Alice en clôture de leur séjour.

La reconnaissance du projet par les pouvoirs publics burkinabés voit le jour en 2009 et permet de joindre au volet éducation, un volet professionnel de création de spectacles jeune public qui se concrétise par le Premier festival de Théâtre jeune Public à Ouagadougou, en mai 2009, auquel participe le Théâtre des 4 Mains avec les spectacles Bin’Bin et Les Gogmagog.

En octobre 2010 et toujours avec l’aide du WBI, une équipe mixte belgo-burkinabé recrée Bin’Bin’, spectacle pour les tout petits en une version plein air adaptée aux conditions locales et avec des artistes burkinabés. Le succès est total, les enfants accrochent à 100%. L’idée naît alors de lancer un parrainage en Belgique pour financer des représentations scolaires au Burkina et une tournée de l’équipe Burkinabé dans différents festivals de l’Afrique de l’Ouest.
Pour plus d’infos sur notre deuxième séjour à Ouagadougou et la  » recréation de Bin’Bin’.

Mais la collaboration entre le Théâtre des 4 Mains et le Théâtre Eclair et nos autres partenaires ne s’arrête pas là. Un projet pour les 3 ans à venir vient d’être signé par le WBI, il concerne le volet création de spectacles mixtes ou métissés avec les 4 compagnies partenaires. Chaque spectacle s’adressera à une tranche d’âge différente. En 2011, c’est Une Compagnie qui crée le premier spectacle de cette trilogie, pour les 12-18 ans. Le spectacle HYPERLINK  » Un paradis sur terre est créé à Ouaga en mai 2011 et présenté à Huy en août 2011 avec succès, il en sort une excellente presse et plusieurs tournées en Belgique et en Afrique de l’Ouest durant la saison 2011-2012. Il sera joué au Théâtre des 4 Mains le 3 décembre 2011. En 2012, ce sera au tour de notre compagnie de porter une création jeune public qui s’adressera aux 6-12 ans. La création est prévue à Ouaga pour décembre 2012, le travail se fera en Belgique et au Burkina de septembre 2012 à décembre 2012. Il s’agit d’un projet marionnettes qui sera enrichi de formations à la manipulation, notamment à Ouaga. Le troisième spectacle sera un spectacle de danse avec le Zététique Théâtre en 2013. Parallèlement à la création, un réseau de programmateurs jeune public se met en place en Afrique de l’Ouest, des festivals jeune public bourgeonnent un peu partout dans la foulée du Théâtre Eclair et des tables rondes se mettent en place pour que l’art à l’école devienne incontournable. 
Le projet Paroles croisées atteint ainsi doucement son objectif de soutenir l’émergence du théâtre jeune public et du théâtre à l’école, par et pour les jeunes.

Lomé, la plus belle, Lomé la poubelle (blague locale)

Lomé n’est plus que l’ombre de ce qu’elle fut, ravagée par la mauvaise gouvernance. La ville est en pleine déliquescence et la fin de la saison des pluies ajoute sa touche au décor, laissant des mares de boue dans les rues.

Et pourtant… elle garde un charme indéniable avec ses maquis plantés dans les rues, son marché énorme grouillant de monde, résonnant des klaxons de voitures et de motos, ses villas au charme suranné, son front de mer superbe. La plage c’est une autre histoire, rien moins que les toilettes publiques même si des panneaux l’interdisent, les gens s’en fichent.Des hôtels de luxe côtoient les quartiers aux routes défoncées, la circulation est dense et chaotique et les flics locaux sont très à cheval sur le règlement quand il y a des blancs au volant. Comme tout se marchande on a aussi négocier les amendes.

Bonne arrivée !

C’est ce qu’on nous dit ici quand on arrive quelque part.

A côté de la maison où on loge, il y a le maquis où on mange et en face la maison de Lolo, ma copine, qui fait restaurant à midi devant chez elle. Elle s’occupe aussi de notre linge et a plein de conseils judicieux à nous donner quand par exemple on trouve le matin la voiture avec deux pneus crevés.

A Lomé je me sens comme un poisson dans l’eau, les gens sont adorables, serviables, bavards, rieurs. On ne s’ennuie pas.

Quelques photos…

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Le très long voyage entre Ouaga et Lomé…

La route pour le Togo est très bien au début, Alain prend le volant.On fait une pause chez le grand frère d’Alain à « Tenkodogo »

Après, la route devient un enfer…Vers 14h00, on arrive à la douane.Police Burkinabé, douane Burkinabé, police Togolaise, douane Togolaise, nombre invraisemblable de barrières, de cordes, de contrôles.Heureusement, on s’en tire pour 6500 CFA, avec un reçu de … 5000.

On reprend la route… trous, bosses… C’est lent. A Dapaong, il est 17h00, on décide de s’arrêter pour éviter d’être bloqué par la nuit.Maud est le guide… On cherche un hôtel dans le Routard – Hotel Caroli – Parfait, sauf les grenouilles. On part manger dans la ville. Les gars draguent, mais bien sagement on est au lit à 10h00 !

8h00, on se lève, petit café au bar de l’hôtel, on est parti !

Les petites villes s’enchaînent, la savane est superbe, les couleurs magnifiques, mais pas le moindre éléphant.

Partout, on nous dit qu’après la route devient bonne … mais éternellement les trous, les morceaux de pistes, les fossés, les bosses,…

Vers 13hOO, on arrive enfin à LA FAILLE D’ALEDJO… On nous en a tant parlé à Ouga qu’on s’attend à tout : « un volcan qui fume, un trou si profond qu’on distingue à peine les carcasses des camions dans le fond ». « Une route étroite avec un précipice de chaque côté… ». « La montagne coupée en deux, etc, etc…». « Il faut un chauffeur spécialisé pour y passer… ». Tout juste s’il est possible d’en sortir vivant…

La réalité ? Le Rocher Baillard ! ni plus, ni moins… et deux tournants en épingle à cheveux, genre Ardennes belges… !

Un bon moment de rire, de photos, de détente et nous voilà repartis… Toujours aucune amélioration de la route, c’est long, long, long…

Vers 16h00, une pluie violente tombe au point de devoir s’arrêter… La ventilation de la Mitsubishi ne marche pas, les essuies-glace sont vieux, on ne voit plus les trous…La bâche qui protège le décor s’est déchirée, il faut la remettre… Douche forcée…

Heureusement, à 20h00, on arrive dans les environs de Lomé. Seul lien, le numéro de Constance. On appelle, on appelle… Pas de réponse. Je mets ma puce belge dans mon portable, réponse immédiate! Elle nous attend, il faut aller au Stade de Kégué, on va venir nous chercher? Et oui ! On vient nous chercher. On arrive à l’accueil du Festival.

Première rencontre avec Constance.

Les locaux sont plus ou moins bien, on découvre qu’elle habite juste à côté, mais plutôt sympa car tout le monde entre et sort de chez elle. On nous sert une salade, Waouh chouette!

On nous présente Issifou, le responsable logement… et on nous emmène au logement. C’est loin, très loin, à l’autre bout de la ville. Les garçons sont envoyés dans le foyer MOKPOKPO et nous les formateurs (en fait, les blancs…) dans une villa. On essaie d’expliquer qu’on n’est pas d’accord, qu’on veut rester tous ensemble, mais ça semble compliqué, d’autant plus qu’à Mokpokpo, personne n’a été prévenu de la venue de 50 artistes… Dans le doute, on décide de dormir à la villa… On verra demain. On négocie avec Constance le petit déj’ à 9-10h car tout le monde est crevé. Le Festival amènera la bouffe sur le lieu de logement. Sur ces entrefaits, on récupère Fredo, Adissa et Sita, épuisés par 22 heures de bus…

J’oubliais, Constance nous annonce qu’on jouera en ouverture du Festival le vendredi. A quelle heure ? Ca c’est à voir…

Et nous voilà dans Lomé, entre le « Pigeon » et le « Monument », à essayer de nous y retrouver, Jonglant entre les trous qui sont encore pire qu’ailleurs et les incessants klaxons de tout le monde… Hélas, pas de plan, pas de brochure, pas de programme, personne vraiment au courant.

Constance, elle ? Elle mange, elle fait la sieste et se fait monter son énorme chignon pour la cérémonie d’ouverture…

Toute l’équipe de Bin’Bin’ monte le décor au FITAP, prête à jouer. Mais il faudrait répéter un peu… Difficile, car des groupes de musiciens sont arrivés et jouent dès 14h00. On s’enferme dans le petit réfectoire, et courageusement (encore), on se briffe pour notre Première ! Super, l’équipe est prête !

A 18h00, la cérémonie annoncée à 16h00 commence. On installe lentement les chaises, on termine d’attacher les 2 malheureux quartz et de décorer les poteaux, dont celui qui se dresse en plein milieu de la scène.

Constance est sur son 31, ainsi que quelques officiels (dont on apprendra qu’ils n’en sont pas…) Mais à Lomé, il y a des bouleversements climatiques, et la pluie se met à tomber. En une demie-heure, l’espace FITAP est une vaste mare, les gens ont de l’eau jusqu’aux genoux, et malgré la « Patame », la scène est détrempée. Nos décors gisent dans ce marécage, on essaie de les mettre au sec, mais c’est pas évident…Les discours s’enchaînent dans ce déluge, mais nous refusons de jouer. Les musiciens d’Eclair font un morceau en remplacement… Et la cérémonie se termine en queue de boudin… Constance disparaît dans sa chambre et les gens attendent…

Après avoir été discuter avec elle, je l’oblige à venir expliquer aux gens comment va se dérouler le Festival, puis je lui demande comment vont s’organiser notre déplacement et notre représentation du lendemain au Lycée Français. Et là, j’apprends par hasard que la séance (prévue pour des ados !) ne pourra pas avoir lieu, car ils sont en examens…

On décide finalement de jouer au FITAP et d’y amener les enfants des écoles du quartier… On retourne au logement, impossible de voir si on peut avoir des chambres à Mokpokpo, et on décide de garder la villa avec Roger et Simon, des suisses allemands qui vont vite devenir de grands potes ! Au moins, cette villa est bien et on y est autonome !

Le petit mot de Constance aux festivaliers est très différent du discours d’ouverture :« Normalement, j’aurais dû savoir, mais… »

On découvre que l’équipe autour d’elle n’est constituée que de jeunes bénévoles qui n’ont ni formation, ni information… Ils sont aussi paumés que nous…

Le vendredi, on joue donc devant 60 enfants. C’est super, ils adorent, mais le Festival a oublié de prévoir un véhicule pour les ramener, et c’est donc nous qui les ramenons… 63 enfants en 3 trajets… +/_ 25 personnes dans la voiture, mais on ne risque rien car « ils sont en uniforme ».

Le soir, on va au Goethe Institut découvrir le spectacle de David le Camerounais, puis le spectacle de Roger et Simon, et Ira, un Burkinabé. Spectacles très pros, très forts, très au point. Des grands comédiens, chouette !

Près de la villa, il y a un petit maquis très sympa qui fait des spaghettis et puis des petits déj’ omelette/légumes qui nous plaisent particulièrement.

Le samedi, c’est normalement OFF pour nous, mais le matin, on nous avertit qu’on va jouer à 14h30, toujours au FITAP, pour les festivaliers… Mais les festivaliers sont-ils avertis? On joue finalement devant une trentaine de personnes, c’est sympa, mais déjà l’équipe est un peu molle et fatiguée par la lourdeur du Festival.

Article écrit par Marie-Odile.

Quelques photos…

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